Mon cœur est du nord-est, mais mon âme au sud,
Cœur froid dit on des Vosgiens, voire tête de chien.
Même à pierre fendre, le froid n’arrive pas aux vaisseaux du cœur.
Le vosgien s’amuse un peu de cette réputation,
Il s’en est fait une raison.
Région secrète pour les uns, mystérieuse pour les autres ?
Si les ventaux des fenêtres étaient parfois uniquement linteaux
Petites niches à oiseaux,
La porte s’ouvrait grande, pas béante,
Quand le vent du nord soufflait fort.
Un cœur n’a pas de région, il a des raisons,
Juste des raisons de vivre ou de survivre.
Ce froid glacial que l’on nous prête,
N’était que parure pour se protéger des tempêtes,
Pour ne pas dire armures.
Mais quel passant se serait aventuré dans des massifs hostiles
Dans une ferme égarée sans y avoir un but précis ?
Il aurait été pris pour un simple d’esprit.
Dans cette vie austère, comment trouver sa place ?
Ange de mes jours et mes nuits, as-tu tout compris de ma vie ?
Celle d’une enfant, dans les tourmentes du temps,
D’un temps qui a laissé des traces indélébiles,
Une naissance tardive de parents derniers de fratries,
Ça fausse toute une vie.
Quand vous me parlez de grands-parents,
Je dirais juste enterrements,
Quand on me parle de Parents,
Je dirais juste, trop rapidement.
Comment les avoir connus, quand on est un enfant arrivé tardivement ?
On n’est jamais enfant, on ne nait pas enfant,
Mais souvent accompagnant.
Il manque jeunesse et spontanéité à ma vie,
Trop souvent entourée d’interdits,
C’est ainsi que j’ai grandi, mais c’est ma vie.
Alors, je rêve de virevolter parfois sur les vagues de l’insouciance totale
D’avoir été enfant de la balle,
Moins sage et plus MOI telle que je ne le concevais même pas.
Ange de là haut, pourquoi m’as-tu fait porter tous ces fardeaux ?
Pardonnez-moi si vous sentez entre les lignes une impudeur à la vieillesse,
Mais je n’ai vu qu’elle, arriver de tous côtés, plus vite que l’on admire
Du 14 juillet les étincelles.
Je ne renie rien
Je ne dénie rien, juste un destin...
Entre devoirs et obligations, vous m’avez mangé mes plus belles années,
C’était bien trop tôt.
En me mettant au monde, vous m’avez condamnée.
A vous porter,
Mais je n’ai plus de forces.
Pour moi…
Pardon si je vous choque, mais j’ai envie de danser sur les tables,
Une rébellion interne me gagnait, il fallait en percer l’abcès.
Libération interne.
Comprenez alors que dans mes rêves les plus fous, je danse avec les cigales,
Plonge dans les vagues infinies de la grande bleue.
Alors, quand tu me tends la main, rêve fou,
Je danse avec toi . Oui, toi.
Oh esquisses d’une jeunesse qui ne va pas s’en aller, hein ?
Reviens un peu, attends moi...
Si l’envie vous prend de concevoir tardivement un enfant,
Pensez à me relire de temps en temps.
Vous en ferez sans doute un doux rêveur,
Infiniment loin de vos idéaux,
Et surtout des siens...
Je ne pense pas avoir déçu mes parents,
De leur vivant…Oh grand jamais !
Mais après ? Il fallut bien que le corps
et l'esprit exultent...
© Lysianne juillet 2008
Oops j'ai oublié de signer mon image, pas touche hein ?
Mères et Mères..