|
Il était une fois une princesse qui était fort chagrinéede rester dans la solitude.
Elle s’était même lassée du panorama de sa tour d’yvoir.
Elle aurait tant aimé qu’un Don Juan visite son donjon mais c’était troppérilleux.
Son père, le Roi, la surveillait d’un "œil saoul-verain". Ce monarquede "droit dix vins" était aussi souvent "bourru que bourré" et ne supportait pasque sa fille voit des hommes.
Au cours d’une somptueuse réception, organisée par le Roi lui-même, laprincesse rencontra un charmant jeune homme.
Il fallait qu’ils se revoientincessamment, ils étaient si troublés que c’en était limpide.
Le gentilhommevoulait venir au château lui conter fleurette.
« C’est de la folie. Mon père a mauvais vin, s’il te voit il pourrait tefaire guillotiner ! » s’exclama la jeune princesse. Soudain, une bougies’éclaira dans sa tête : « Les gardes du château terminent leur service "à 23heures". Avant de prendre congé, ils doivent traverser toute la passerelle pourfermer le pont-levis car son mécanisme se trouve à l’autre bout. Donc, pendant10 secondes, le pont-levis est ouvert et sans surveillance. En courant vite, jepourrais sortir et te rejoindre ».
C’est ainsi qu’ils convinrent de se retrouver dans une petite taverne nonloin de là. A 23 heures sonnantes, la garde Royale quitta le pont-levis, et laprincesse courut aussi vite qu’elle le pu. Mais cette princesse avait les piedsplats et ses escarpins de princesse ne tenaient pas suffisamment pour courir àtoute allure. L’escarpin de droite s’en alla de travers et elle se retrouva lesquatre fers par terre.
Quand elle se releva, le pont-levis était déjà refermé.Le jeune homme qui attendait à la taverne fut passablement agacé. Il ne sedoutait point qu’elle avait tenté de courir comme un lapin pour éviter de luien poser un. Blessé dans son orgueil chevaleresque, il ne voulut plus larevoir.
Quelques mois plus tard, la jeune princesse fut agréablement courtisée parle fils de la Duchessede Hourtin. Ses yeux émeraude valaient tous les bijoux de bonne famille. Ellechoisit le même stratagème pour le rejoindre en un lieu discret mais cettefois, elle avait prévu ses bottines.
23 heures sonna, elle courut, courut. Maisil avait plu toute la journée et ses bottines glissèrent sur le bois trempé dela passerelle. La jolie princesse se ramassa comme une merde et encore unefois, le pont-levis se releva avant elle.

Une période de déprime s’en suivit, elle commençait sérieusement à sedemander si elle allait trouver un jour son prince charmant.
Or, vous savez ceque c’est, c’est quand on ne s’y attend plus que…
Celui-là était aussi brillant que son regard et était, ce qui ne gâche rien,follement gentil.
Elle choisit la même tactique pour le revoir mais cette foiselle fit fabriquer en cachette des chaussures spéciales. Ces chaussures étaientlégèrement palmées pour épouser la forme de ses pieds plats et montaientjusqu’à la cheville pour une tenue à toute épreuve.
Elles avaient aussi sous la semelle des petits crampons antidérapants.
Lejour dit, le jeudi, à l’heure dite, elle courut plus vite qu’aucune princessen’avait jamais couru. Ses chaussures tenaient bon, elle ne glissait pas et levent balayait ses longs cheveux. Elle passa le pont-levis et, ivre de liberté,continua de courir pour rejoindre son galant rendez-vous.
La nuit se passa à merveille et elle tomba, mais d’amour cette fois-ci. Ellese dit qu’elle avait enfin trouvé chaussure à son pied et il était une sacréepointure. Vous connaissez la suite : ils se marièrent et eurent des nombreusespantoufles.
C’était un petit rappel des "fées" sur l’origine de cette expression.
Texte trouvé sur la toile !
|